Élections de l’ITAA : nous offrons à chaque candidat l’espace nécessaire pour se présenter via un format uniforme. Un terrain d’entente équitable pour chaque voix.
Quelle est la réalisation majeure de votre parcours récent dont vous tirez une fierté particulière ?
J’ai entièrement refondu le syllabus indépendants/dirigeants d’entreprise pour l’IFAPME. Pas une mise à jour cosmétique : une remise à plat complète, intégrant la réforme Arizona, les réalités concrètes du quotidien d’un dirigeant, les mécanismes souvent mal compris comme le VVPRbis ou les droits d’auteur. L’objectif : que les futurs dirigeants sortent de formation avec des outils utilisables le lendemain, pas avec de la théorie déconnectée.
Citez trois actions concrètes que vous souhaitez lancer au cours des 100 premiers jours suivant votre élection.
La formation continue doit redevenir un levier, pas une contrainte administrative. Trois actions concrètes :
- Créer un groupe de travail ‘qualité pédagogique’ pour auditer les formations reconnues ITAA ;
- Lancer un référentiel de compétences mis à jour annuellement, intégrant IA et réformes fiscales ;
- Ouvrir un canal de feedback direct des membres vers le Conseil sur les formations — sans filtre.
Sur quels piliers l’Institut doit-il, selon vous, accentuer ses efforts, et quels dossiers pourraient éventuellement passer au second plan ?
Priorité absolue : la formation, la représentation politique et l’accompagnement digital.
Ce qui peut passer au second plan : les publications institutionnelles qui ne lisent que ceux qui les écrivent.
L’ITAA doit parler aux membres, pas à lui-même.
Quelle serait votre solution « disruptive » pour redonner de l’attractivité et de la sérénité à la profession ?
Supprimer les obligations qui n’ont aucune valeur ajoutée pour le client ni pour le professionnel.
Je sais que beaucoup viennent d’Europe ou du législateur fédéral — on ne les efface pas d’un claquement de doigts.
Mais l’ITAA peut jouer un rôle actif : anticiper, alerter, et peser dans les consultations avant que les règles soient gravées dans le marbre.
Un ‘test de charge administrative’ systématique, porté par l’Institut vers le politique, avant que ça nous tombe dessus.
Comment l’ITAA va-t-il concrètement accompagner ses membres pour transformer la révolution de l’IA en opportunité ?
L’ITAA doit cesser de parler de l’IA en termes généraux et produire des cas d’usage concrets, actionnables.
J’utilise l’IA au quotidien — dans ma pratique et dans mes cours.
Ma conviction : l’IA ne remplacera pas les experts-comptables.
But les experts-comptables qui maîtrisent l’IA remplaceront ceux qui l’ignorent.
Le rôle de l’ITAA : faire en sorte qu’aucun membre ne soit laissé au bord de cette route.
Comment comptez-vous créer des synergies entre les différentes unions professionnelles et le monde politique ?
L’unité ne se décrète pas, elle se construit sur des dossiers concrets.
Je propose des groupes de travail inter-unions sur des thèmes ciblés — Arizona, e-invoicing, pénurie — avec des positions communes portées d’une seule voix vers le politique.
Moins de communiqués, plus de lobbying structuré.
Quelle a été votre plus grande leçon ou source d’inspiration au cours de l’année écoulée ?
La réforme Arizona m’a rappelé que la complexité fiscale n’est pas une fatalité — c’est un choix politique.
Et que notre rôle, c’est d’être le traducteur entre cette complexité et nos clients.
Ma leçon de l’année : l’expert-comptable qui forme et qui explique a plus d’impact que celui qui subit.
Si vous pouviez supprimer une seule loi ou règle pour l’expert-comptable dès demain, laquelle choisiriez-vous ?
Je ne peux pas la supprimer — elle vient du législateur. Mais si je pouvais la transformer : l’obligation de formation continue. Aujourd’hui trop quantitative, mal contrôlée, déconnectée du terrain. Je la réformerais vers un système qualitatif, basé sur les besoins réels du praticien — moins de comptage d’heures, plus de valeur ajoutée réelle.
Pourquoi les membres devraient-ils voter pour vous ?
Je ne suis pas candidat pour avoir un titre.
Je suis candidat parce que je forme des professionnels, je pratique le métier au quotidien, et j’ai un avis fondé sur ce qui ne fonctionne pas.
Je serai au Conseil ce que j’essaie d’être en classe : direct, préparé, et au service de ceux qui bossent vraiment.

