Élections de l’ITAA : nous offrons à chaque candidat l’espace nécessaire pour se présenter via un format uniforme. Un terrain d’entente équitable pour chaque voix.
Quelle est la réalisation majeure de votre parcours récent dont vous tirez une fierté particulière ?
Sans hésiter, la création et le développement d’espaces de rencontre et d’échange dans la profession.
Je pense notamment à la rénovation récente de l’OECCBB que je préside et qui a pu notoirement défendre des positions essentielles pour nos professionnels (par exemple : la période de tolérance de 3 mois dans le cadre du lancement de Peppol), aux formats confraternels comme les Wake Up ou au travail mené avec le Forum For the Future, notamment les très populaires Tax TV Show ou enfin la création de l’intelligence artificielle de l’OECCBB, gratuite pour tous les membres et de plus en plus performantes.
Ce sont des initiatives simples, mais elles ont un impact réel : elles reconnectent les professionnels entre eux.
On y voit quelque chose d’essentiel : quand on crée du lien ou quand on se penche sur les vrais besoins, la profession avance.
Citez trois actions concrètes que vous souhaitez lancer au cours des 100 premiers jours suivant votre élection.
Mon cheval de bataille, c’est simple : rendre l’ITAA utile au quotidien.
Dans les 100 premiers jours, je veux lancer trois choses très concrètes :
- Un plan de simplification immédiat
Identifier et alléger rapidement ce qui peut l’être : procédures internes, obligations inutiles, communication. Pas dans trois ans. Tout de suite. - Un canal direct avec le SPF Finances
Rétablir un vrai dialogue. Pas uniquement des plateformes, mais des échanges concrets, avec des interlocuteurs identifiés. - Un service membres réactif
Réduire drastiquement les délais de réponse. Quand un membre pose une question, il doit avoir une réponse rapide et utile. C’est la base.
Sur quels piliers l’Institut doit-il, selon vous, accentuer ses efforts, et quels dossiers pourraient éventuellement passer au second plan ?
Pour moi, il y a trois priorités :
- Le service aux membres
- La représentation externe
- L’adaptation du métier aux évolutions technologiques
Et cela implique aussi de faire des choix.
Tout ce qui relève de projets périphériques, peu utiles ou trop éloignés du terrain doit passer au second plan. L’Institut ne peut pas tout faire. Mais il doit être excellent là où il est attendu.
Quelle serait votre solution « disruptive » pour redonner de l’attractivité et de la sérénité à la profession ?
Il faut arrêter de traiter ces deux problèmes séparément.
Si la profession est sous pression, elle devient moins attractive. Et si elle est moins attractive, la pression augmente encore.
Ma conviction est qu’il faut agir sur deux leviers en même temps :
- Simplifier réellement l’environnement de travail
- Repenser l’accès à la profession
Et surtout, arrêter de former des profils pour un métier théorique.
Il faut former pour la réalité.
Comment l’ITAA va-t-il concrètement accompagner ses membres pour transformer la révolution de l’IA en opportunité ?
Aujourd’hui, chacun avance un peu seul.
Ce n’est pas normal.
L’ITAA doit jouer un rôle structurant :
- en clarifiant les outils fiables,
- en accompagnant leur intégration,
- et en évitant que la profession ne subisse des solutions imposées de l’extérieur.
L’IA est une opportunité énorme, mais seulement si on s’en empare.
Sinon, d’autres le feront à notre place.
Comment comptez-vous créer des synergies entre les différentes unions professionnelles et le monde politique ?
On a trop fonctionné en silos.
Ma méthode est simple :
- arrêter de vouloir centraliser,
- commencer à coordonner.
L’ITAA doit devenir un point de convergence, pas un point de domination.
Et sur le plan politique, il faut être plus présent, plus lisible, et surtout plus constant.
Une profession qui ne parle pas d’une seule voix n’est pas entendue.
Quelle a été votre plus grande leçon ou source d’inspiration au cours de l’année écoulée ?
Que les meilleures idées ne viennent pas des structures, mais du terrain.
Quand on prend le temps d’écouter, vraiment, on se rend compte que les réponses sont souvent déjà là.
C’est aussi ce qui a guidé toute cette démarche.
Si vous pouviez supprimer une seule loi ou règle pour l’expert-comptable dès demain, laquelle choisiriez-vous ?
Je ne supprimerais pas une règle. Je supprimerais une logique : celle qui consiste à ajouter sans jamais retirer. Parce que le vrai problème n’est pas une règle en particulier. C’est l’accumulation.
Pourquoi les membres devraient-ils voter pour vous ?
Je ne viens pas promettre.
Je viens porter une manière différente de faire.
Plus simple.
Plus directe.
Plus proche du terrain.
Et surtout, une conviction :
l’ITAA doit changer de posture.
Pas contre quelqu’un.
Mais pour remettre l’institution à sa place.

