Élections de l’ITAA : nous offrons à chaque candidat l’espace nécessaire pour se présenter via un format uniforme. Un terrain d’entente équitable pour chaque voix.
Quelle est la réalisation majeure de votre parcours récent dont vous tirez une fierté particulière ?
Ce n’est pas la fonction qui nous honore ou nous dégrade, mais la manière dont on la remplit.
À mon niveau, j’ai toujours cherché à contribuer à l’évolution des pratiques professionnelles, en matière de qualité et d’organisation, notamment à travers des formations, des échanges entre confrères et un travail de structuration au sein des instances.
Au-delà des outils, c’est surtout une certaine vision du métier — exigeante mais pragmatique — que j’ai voulu promouvoir.
Concrètement, cela s’est traduit :
- au niveau professionnel, par le développement du cabinet et l’accompagnement de nombreux stagiaires, avec la volonté de leur donner un véritable pied à l’étrier ;
- au niveau associatif, par le développement de l’école de comptabilité et de fiscalité de la CBCEC de Liège, dont j’ai la chance de présider le pouvoir organisateur ;
- au niveau institutionnel, par mon implication dans la cellule formation de l’ITAA lors du remaniement de la norme, ainsi qu’au sein de la cellule développement de la Revue Qualité, avec une contribution à la Revue Qualité 2.0, notamment sur les notions de proportionnalité et de cohérence.
Aujourd’hui, en tant que vice-président de la Commission Revue Qualité, je suis au cœur de la mise en œuvre concrète de ces réflexions.
Citez trois actions concrètes que vous souhaitez lancer au cours des 100 premiers jours suivant votre élection.
Mon cheval de bataille est simple : structurer sans opposer, simplifier sans affaiblir.
Concrètement, cela se traduit par trois priorités dès le début du mandat (à négocier dans les équilibres qui seront représentés au sein du Conseil) :
- Rendre les normes et recommandations encore plus lisibles, concrètes et cohérentes, en veillant à leur applicabilité réelle dans la diversité des cabinets — du cabinet unipersonnel aux structures plus importantes.
- Poursuivre la mise en œuvre d’une approche de la qualité fondée sur l’accompagnement et la proportionnalité, dans la continuité des travaux de la Revue Qualité 2.0, afin d’assurer un haut niveau d’exigence dans le respect des contraintes externes tout en restant pragmatique.
- Agir plus encore sur l’attractivité et le renouvellement de la profession, en valorisant le rôle du professionnel, en accompagnant les évolutions technologiques — notamment l’IA — et en veillant à ce que ces transformations restent accessibles et compréhensibles pour les nouvelles générations comme pour les praticiens.
Sur quels piliers l’Institut doit-il, selon vous, accentuer ses efforts, et quels dossiers pourraient éventuellement passer au second plan ?
L’ITAA doit rester fidèle à ses missions (légales) fondamentales : encadrer la profession, garantir la qualité et l’éthique, assurer le contrôle et contribuer à l’intérêt général.
Dans ce cadre, ses priorités doivent être claires :
- Consolider la qualité des pratiques, avec des exigences compréhensibles et applicables ;
- Renforcer l’accompagnement des membres, en particulier face à la complexité croissante ;
- Assurer une cohérence globale, en évitant les empilements de règles.
L’enjeu est de simplifier sans affaiblir, et de structurer sans opposer les réalités du terrain.
Quelle serait votre solution « disruptive » pour redonner de l’attractivité et de la sérénité à la profession?
La situation actuelle — pression administrative et pénurie — ne se résoudra pas par une mesure isolée.
La véritable rupture passe par une approche globale, structurée autour de trois axes complémentaires :
- Réduire la pression administrative inutile (qui impliquera une volonté politique bien au delà de l’ITAA)
En simplifiant les processus là où c’est possible, en améliorant la lisibilité des obligations et en évitant les redondances.
L’objectif n’est pas de diminuer l’exigence, mais de la rendre plus compréhensible et applicable. - Redonner de la valeur au rôle du professionnel
En recentrant le métier sur l’analyse, le conseil et l’accompagnement, plutôt que sur des tâches répétitives à faible valeur ajoutée.
Cela passe notamment par une intégration intelligente des outils numériques et de l’IA, au service du professionnel — et non en substitution. - Renforcer l’attractivité et le renouvellement de la profession
En valorisant les parcours, en accompagnant les stagiaires et en donnant une image plus lisible, plus moderne et plus engageante du métier.
=> L’enjeu est simple : moins de complexité subie, plus de valeur créée, et une profession dans laquelle on a envie de s’engager durablement.
Comment l’ITAA va-t-il concrètement accompagner ses membres pour transformer la révolution de l’IA en opportunité ?
La technologie, et en particulier l’IA, est effectivement un tournant majeur pour notre profession.
Le rôle de l’ITAA n’est pas de se substituer aux acteurs du marché ni aux associations de formation, mais d’apporter un cadre clair et sécurisant.
Concrètement, cela passe par trois axes :
- Clarifier les usages autorisés et les responsabilités (confidentialité, déontologie, supervision)
- Identifier et partager les bonnes pratiques issues du terrain
- Accompagner les membres dans la compréhension des enjeux, sans imposer d’outils ni de solutions uniques
L’IA ne doit pas être subie ni idéalisée : elle doit être comprise, maîtrisée et mise au service du professionnel.
Comment comptez-vous créer des synergies entre les différentes unions professionnelles et le monde politique ?
Le manque d’unité est souvent évoqué, mais il reflète aussi la diversité de notre profession.
Plutôt que chercher une uniformité artificielle, je crois davantage à une logique de complémentarité organisée.
L’ITAA doit jouer pleinement son rôle institutionnel : régulation, qualité, déontologie, représentation
Les associations professionnelles doivent continuer à porter la formation, les échanges et la dynamique de terrain… au nord du pays des synergies sont organisées notamment au travers du BA+… avec nombreux représentants et membres actifs d’associations de langue francophone et germanophone, nous travaillons à la mise en place d’une structure équivalente au sud, permettant aussi un dialogue transversal des associations dans tout le pays ; tous titres et tous rôles linguistiques confondus.
La clé est une meilleure articulation entre ces acteurs, avec des espaces de dialogue structurés et réguliers.
Vis-à-vis du monde politique, cela suppose une parole plus coordonnée, fondée sur des positions claires et partagées.
L’unité ne se décrète pas — elle se construit dans la cohérence et le respect des rôles de chacun.
Quelle a été votre plus grande leçon ou source d’inspiration au cours de l’année écoulée ?
Cette année m’a rappelé à quel point notre métier reste profondément humain.
Derrière les normes, les outils et les contraintes, il y a des équipes, des trajectoires, des jeunes qui démarrent et des confrères qui cherchent du sens dans un environnement de plus en plus exigeant.
Ce qui m’inspire, c’est cette capacité collective à s’adapter, à transmettre et à faire évoluer nos pratiques sans renoncer à l’essentiel.
Si vous pouviez supprimer une seule loi ou règle pour l’expert-comptable dès demain, laquelle choisiriez-vous ?
Plus qu’une règle en particulier, c’est l’accumulation et parfois la redondance des obligations qui posent difficulté. Si je devais en cibler une priorité, ce serait de revoir les exigences administratives qui n’apportent pas de réelle valeur en termes de qualité ou de sécurité, afin de les simplifier ou de les rendre plus proportionnées. L’objectif n’est pas de réduire le niveau d’exigence, mais d’éviter une complexité inutile qui détourne les professionnels de leur cœur de métier.
Pourquoi les membres devraient-ils voter pour vous ?
Je ne prétends pas avoir toutes les réponses, mais je crois pouvoir apporter une chose essentielle : une approche à la fois exigeante et pragmatique de notre métier.
Mon engagement s’inscrit dans la continuité de ce que je fais au quotidien : contribuer à structurer, améliorer et faire évoluer la profession, en restant connecté à la réalité du terrain.
Je souhaite porter une vision équilibrée :
– respect des missions de l’ITAA
– accompagnement avant sanction
– simplification dans le cadre légal
– et préparation de l’avenir, notamment face aux évolutions technologiques
Si cette approche vous parle, alors je serais honoré de pouvoir la porter au sein du Conseil.

