La gestion des dossiers d’entreprises individuelles représente un véritable défi pour de nombreux cabinets comptables. Entre les contraintes administratives, les tâches répétitives et les attentes tarifaires des clients, leur rentabilité peut rapidement être mise à l’épreuve. Lors d’un webinaire organisé par ComptaPerspectives le 29 septembre 2026, Soundous Moustarhim, responsable du marché francophone chez Dexxter, a expliqué comment l’automatisation peut contribuer à simplifier la gestion de ces dossiers, tout en permettant aux professionnels du chiffre de se recentrer sur leur véritable valeur ajoutée : le conseil.
Réduire le coût de démarrage
Les entreprises individuelles représentent-elles encore une clientèle intéressante pour les cabinets comptables ? La question mérite d’être posée. Car si ces structures sont généralement plus modestes, leur gestion n’implique pas nécessairement une charge de travail moins importante. À cela s’ajoutent des attentes tarifaires souvent limitées, qui peuvent peser sur la rentabilité des dossiers.
« Les coûts de démarrage d’un nouveau client peuvent être élevés, notamment lors de son onboarding », explique Soundous Moustarhim.
C’est précisément sur cette première étape que Dexxter entend agir, en automatisant une partie des démarches administratives et comptables grâce aux outils numériques.
La solution repose sur une double approche. D’une part, Dexxter met à disposition des indépendants une plateforme de formation destinée à les accompagner dans la création et la gestion quotidienne de leur activité. Ce parcours permet également de recueillir les informations nécessaires à la constitution de leur dossier, notamment sur le plan financier.
D’autre part, l’objectif est de simplifier le travail des cabinets comptables en leur permettant de consacrer moins de temps aux opérations administratives et davantage aux missions de conseil et d’accompagnement.
Des dossiers mieux préparés, un contrôle facilité
L’automatisation transforme également le quotidien des gestionnaires de dossiers.
« Les tâches répétitives disparaissent et l’expert-comptable reçoit un dossier déjà bien préparé qu’il peut immédiatement contrôler », explique Soundous Moustarhim.
En pratique, l’entrepreneur encode lui-même une partie de ses données comptables, tandis que la plateforme effectue différentes vérifications en amont. Cette organisation permet de limiter certaines erreurs et de réduire le temps consacré aux opérations de saisie et de préparation.
L’automatisation présente néanmoins des limites. Si elle peut identifier certaines incohérences, elle ne remplace pas le raisonnement et l’expertise d’un professionnel.
« Les erreurs d’interprétation ne sont pas captées. Ce travail de réflexion restera toujours du côté de l’expert-comptable », précise-t-elle.
Pour faciliter le traitement des informations, Dexxter s’appuie notamment sur une base de données intégrant des éléments textuels et contextuels.
Le rôle de l’expert-comptable demeure donc central : il ne s’agit pas de remplacer son expertise, mais de lui fournir des données mieux structurées afin de faciliter son travail d’analyse, de vérification et de conseil.
Le contrôle reste essentiel
La digitalisation des processus comptables soulève inévitablement la question du contrôle et de la responsabilité.
Selon leur organisation et les missions qui leur sont confiées, les cabinets peuvent choisir différents niveaux d’intervention. Certains privilégient un accompagnement ponctuel, tandis que d’autres conservent une mission de contrôle plus approfondie des données comptables.
Dans tous les cas, l’automatisation vise avant tout à améliorer l’efficacité des vérifications, et non à supprimer l’intervention du professionnel.
Cette évolution peut également constituer un levier de croissance pour les fiduciaires.
« Le gain de temps libère de la capacité pour accueillir de nouveaux dossiers et générer du chiffre d’affaires supplémentaire », explique Soundous Moustarhim.
En réduisant le temps consacré aux tâches à faible valeur ajoutée, les cabinets peuvent ainsi envisager d’accompagner davantage d’indépendants, sans nécessairement augmenter leur charge administrative dans les mêmes proportions.
Une solution adaptée à la majorité des entreprises individuelles, mais pas à toutes
Si l’automatisation ouvre de nouvelles perspectives, elle ne constitue pas pour autant une réponse universelle. Certaines situations fiscales ou comptables nécessitent un traitement particulier et ne peuvent pas être intégralement prises en charge par la plateforme.
« Les entreprises avec un régime TVA mixte peuvent poser problème, tout comme certains agriculteurs ou garagistes qui bénéficient d’un régime forfaitaire », précise Soundous Moustarhim. Selon Dexxter, environ 90 % des entreprises individuelles peuvent néanmoins utiliser la solution.
Le choix de l’outil doit donc tenir compte de la situation de chaque entrepreneur, de son régime fiscal et de la complexité de son activité.
Des fonctionnalités pensées pour simplifier la gestion quotidienne
Au-delà de l’automatisation comptable, Dexxter propose plusieurs fonctionnalités destinées à faciliter la gestion administrative des indépendants.
Parmi celles-ci figurent notamment un module de recettes journalières numériques, une boîte de réception dédiée à l’autofacturation (self-billing) ainsi qu’un outil de facturation permettant de créer des devis, des factures et des notes de crédit compatibles avec les exigences de Peppol.
La plateforme intègre également un calendrier fiscal rappelant toutes les échéances, des alertes relatives aux factures d’achat et un aperçu des cotisations sociales.
L’accompagnement des utilisateurs constitue un autre volet de la solution. Les indépendants peuvent notamment solliciter une assistance humaine via WhatsApp, par e-mail ou à travers un chatbot.
L’objectif est de favoriser leur autonomie dans la gestion quotidienne de leur activité, tout en limitant les sollicitations administratives adressées à leur cabinet comptable.
Replacer l’expertise et le conseil au cœur du métier
L’automatisation des dossiers d’entreprises individuelles ne vise donc pas à écarter les experts-comptables, mais à faire évoluer leur manière de travailler.
En simplifiant la collecte des informations, en réduisant les opérations répétitives et en facilitant les contrôles, les outils numériques permettent aux cabinets de consacrer davantage de ressources aux missions pour lesquelles leur expertise est indispensable.
Analyse, interprétation, anticipation et conseil stratégique demeurent autant de domaines dans lesquels l’intervention humaine conserve toute sa valeur.
Pour les cabinets comptables, l’enjeu n’est finalement pas de travailler davantage ou moins, mais de travailler autrement : automatiser ce qui peut l’être pour consacrer plus de temps à ce qui compte réellement.

