Fini le copilote. L’IA agentique, c’est l’étape suivante dans les cabinets comptables. Du moins chez nos collègues outre-Atlantique qui adoptent ce mode de travail autonome de la technologie. Collecte de données, réconciliation des comptes, génération des écritures… et présentation d’un dossier presque finalisé à l’expert-comptable. Sans instruction à chaque étape. Sans junior pour la saisie. On a décrypté pour vous.
Concrètement, un rapport de CPA Trendlines explique que les cabinets américains qui ont intégré ces agents IA récupèrent jusqu’à 5 000 heures de travail par an sur la seule préparation des déclarations fiscales. Autre chiffre à retenir : les cabinets avancés enregistrent 21% de productivité facturable en plus par collaborateur. Non pas parce qu’ils travaillent plus, mais parce qu’ils réaffectent le temps libéré vers du conseil à valeur ajoutée.
La mécanique semble simple : l’IA absorbe les tâches répétitives à faible marge, le collaborateur monte en gamme. Ce n’est donc pas la suppression d’un poste. C’est une redéfinition totale du rôle.
Est-ce possible en Belgique ?
La dynamique est déjà là. Selon le rapport Future Ready Accountant 2025 de Wolters Kluwer, 91% des comptables belges reconnaissent l’importance de l’IA dans leur profession. Et 77% des cabinets prévoient d’augmenter leurs investissements dans ces technologies. Le spécialiste aurait même vu l’utilisation de l’IA chez ses clients se multiplier par plus de quatre en un an.
Mais voilà le point d’attention
La différence est le Règlement européen IA Act (UE) 2024/1689, entré partiellement en vigueur dès août 2025. Il impose aux cabinets une obligation concrète de supervision humaine sur les outils d’IA utilisés. Autrement dit, l’IA peut exécuter, mais l’expert-comptable reste responsable du résultat. Cette obligation de « littératie IA » s’applique à tout professionnel utilisant ces systèmes dans le cadre de ses missions.
3 actions concrètes
1. Cartographiez vos tâches à fort volume, mais simples
Listez les 5 workflows qui consomment le plus d’heures dans votre cabinet (rapprochements bancaires, encodage de factures, préparation de déclarations TVA, relances clients, génération de reporting..). Ce sont exactement les zones où l’IA agentique délivre un ROI immédiat. Certains éditeurs disposent déjà de modules d’automatisation avancée compatibles avec le marché belge.
2. Mettez à jour votre lettre de mission pour intégrer la clause IA
L’IA Act impose une documentation sur les outils d’IA utilisés. Ajoutez dans vos conditions générales et lettres de mission une clause précisant :
- quels outils automatisés interviennent dans l’exécution de votre mission
- comment la supervision humaine est garantie
- comment les données clients sont protégées (RGPD).
C’est à la fois une obligation légale et un argument de confiance vis-à-vis de vos clients.
3. Formez un collaborateur comme « responsable IA » du cabinet
Ne déployez pas ces outils sans un référent interne. L’ITAA reconnaît les formations IA dans son calendrier de formation continue. Des organismes comme Intelligence.Accountants proposent des parcours agréés ITAA spécifiquement axés sur l’intégration de l’IA en cabinet comptable belge. Désigner un interlocuteur dédié, c’est aussi réduire le risque d’erreur lors du déploiement.
La vraie question n’est-elle pas si l’IA va changer votre cabinet ?
Spoiler : Elle est déjà en train de le faire chez vos concurrents.

