09/09/2026

Leasing d’occasion et fiscalité : 7 mythes

Depuis le 1er janvier 2026, les nouveaux contrats pour véhicules émettant du CO2 ne sont plus déductibles ; les véhicules zéro émission, si. Une bascule qui nourrit les malentendus, en particulier sur les voitures d’occasion et le leasing. Vos clients arrivent avec des demi-vérités glanées via une recherche IA et attendent un verdict fiscal net. Nous déconstruisons ici sept mythes tenaces sur le leasing d’occasion et la fiscalité, pour que vous puissiez conseiller avec le bon cadre.

Dernière mise à jour : juillet 2026. Sur la base de la loi du 25 novembre 2021 (verdissement fiscal et social de la mobilité), des modifications législatives ultérieures et de la circulaire 2024/C/50. 

Mythe 1 : « L’âge du véhicule détermine le régime fiscal » 

Faux. Ce n’est pas la première immatriculation du véhicule qui compte, mais la date d’achat. En cas d’achat ou de leasing financier, c’est la date du bon de commande. En cas de leasing opérationnel, de renting ou de location à long terme, c’est la date de signature du contrat avec la société de leasing. 

Concrètement : un diesel de 2022 qu’une société achète ou prend en leasing d’occasion en 2026 tombe sous le régime de 2026, et n’est donc déductible qu’à 0%. La législation sur le verdissement vise expressément toutes les voitures particulières, neuves comme d’occasion. Celui qui pense « racheter » l’ancien régime via le marché de l’occasion se trompe.

Point d’attention pour la pratique : la prolongation d’un contrat de leasing ou de location en cours vaut en principe comme nouvelle date de contrat, avec un piège fiscal potentiel à la clé. À vérifier avant qu’un client ne prolonge automatiquement.

Mythe 2 : « Le leasing opérationnel n’est pas fait pour les voitures d’occasion. » 

Faux. Et c’est même l’une des formules qui progressent le plus vite sur le marché belge. Le leasing opérationnel de voitures d’occasion récentes et certifiées combine une mensualité plus basse avec les avantages classiques du leasing : pas d’immobilisation de capital, coût tout compris et prévisible (entretien, assurance, assistance, etc.), pas de risque de valeur résiduelle et des durées souvent plus courtes que pour un véhicule neuf. 

Des acteurs spécialisés comme My Way Lease (D’Ieteren Automotive) ciblent spécifiquement les PME, indépendants et professions libérales, des profils présents dans le portefeuille de chaque expert-comptable. 

Pour les clients qui hésitent en 2026 entre « encore vite acheter » et « attendre », c’est souvent la troisième voie, fiscalement futée, que personne n’a encore mise sur la table. 

Mythe 3 : « Une voiture électrique d’occasion perd sa déductibilité à 100% » 

Faux. Un véhicule zéro émission acheté, en leasing ou loué en 2026 est déductible à 100%. Ce pourcentage reste acquis pour toute la durée du contrat. Même si le véhicule est d’occasion. La dégressivité ne démarre que pour les contrats conclus à partir de 2027 : 

Année du contrat (acquisition)Déductibilité véhicule zéro émission
2026100% (toute la durée) 
202795%
202890%
202982.5%
203075%
À partir de 203167.5%

Mythe 4 : « Le leasing coûte toujours plus cher que l’achat » 

Comparer les seuls prix d’acquisition est trompeur. C’est le coût total de possession (TCO) et l’effet fiscal qui font le calcul. Un exemple illustratif (chiffres fictifs et arrondis, il ne s’agit pas d’une offre) : 

Une société (impôt des sociétés à 25%) supporte en 2026 des frais automobiles de 10 000 euros par an, hors TVA. 

  • Électrique d’occasion, contrat de leasing opérationnel signé en 2026 : déductible à 100%. Économie fiscale : 2 500 euros par an, chaque année du contrat. 
  • Diesel d’occasion, même contrat en 2026 : déductible à 0%. Les 10 000 euros deviennent intégralement une dépense non admise (DNA). Économie fiscale : nulle.

L’écart atteint 25% du coût automobile total, année après année. Ajoutez-y la différence de cotisation de solidarité CO2 (voir mythe 7) et le fossé devient structurel. Qui ne compare que des mensualités passe à côté de la moitié de la facture. 

Mythe 5 : « La TVA est moins favorable sur un leasing d’occasion » 

Faux. En leasing opérationnel, le client paie la TVA ordinaire (21%) sur les factures de leasing. Que le véhicule soit neuf ou d’occasion ne change rien. Le régime de la marge, qui limite parfois la déduction de TVA lors de la vente de voitures d’occasion, ne joue pas ici : le leasing est une prestation de services, pas une livraison sous le régime de la marge. 

La limitation classique de déduction reste évidemment d’application : récupération de TVA plafonnée à 50%, en fonction de l’usage professionnel, via un registre des trajets, la formule semi-forfaitaire ou le forfait général de 35% (ce dernier engageant l’entreprise pour au moins quatre années civiles). 

Soyons complets : ce plafond de 50% vaut aussi pour les véhicules électriques. Celui qui choisit l’électrique le fait pour la déductibilité à l’impôt des sociétés et la cotisation de solidarité réduite, pas pour la TVA. Sur le plan de la TVA, le leasing d’occasion est exactement aussi prévisible que le leasing d’un véhicule neuf. 

Mythe 6 : « L’hybride rechargeable reste le juste milieu fiscal » 

Plus pour les sociétés. À l’impôt des sociétés, les hybrides rechargeables acquis à partir de 2026 suivent le même sort que tous les véhicules émettant du CO2 : aucune déduction. L’assouplissement d’abord annoncé par le gouvernement s’est heurté aux engagements européens et ne s’applique finalement qu’à l’impôt des personnes physiques, donc uniquement aux entreprises individuelles et aux indépendants personnes physiques, et encore sous conditions (seuils de CO2 de 50 g/km, ou 75 g/km sous la norme Euro 6e-bis). 

Pour l’essentiel de la clientèle en société, la piste PHEV est donc une voie fiscalement sans issue en 2026. Qui cherche « un entre-deux » arrivera plus vite à une électrique d’occasion récente qu’à une hybride neuve. 

Mythe 7 : « Les voitures de société sont devenues impayables fiscalement »

Faux, avec nuance. Les coûts augmentent fortement pour les véhicules émetteurs, mais les véhicules zéro émission restent traités favorablement. Deux chiffres pour marquer le contraste : pour les véhicules à énergie fossile acquis depuis le 1er juillet 2023, la cotisation de solidarité CO2 calculée est multipliée par un facteur 4 à partir de 2026, et le montant minimum augmente. Les véhicules zéro émission ne paient que cette cotisation minimale (indexée). 

Nouveauté 2026 : les frais automobiles sont désormais taxés à l’impôt des personnes morales, un point d’attention pour vos clients ASBL. 

Conclusion : la voiture de société n’est pas morte, elle a changé de couleur. La route fiscale passe par le zéro émission, et l’occasion rend cette route budgétairement accessible aux PME et aux starters. 

Et l’ATN sur une voiture d’occasion ? 

Une clarification qui revient dans chaque entretien client : l’ATN se calcule sur la valeur catalogue d’origine, le prix du véhicule neuf, options et TVA réellement payée comprises, hors remises. Même pour une voiture d’occasion. Le prix d’achat du véhicule d’occasion n’est pas pertinent. Une correction d’âge s’applique toutefois : à partir de la deuxième année suivant la première immatriculation, la valeur catalogue à prendre en compte diminue de 6% par an, avec un plancher de 70%.

Pour les véhicules électriques, on applique en outre le pourcentage CO2 minimal de 4% dans la formule, ce qui maintient l’ATN à un niveau structurellement bas. Une électrique d’occasion récente marque donc deux fois des points : correction d’âge sur la valeur catalogue et pourcentage CO2 le plus bas. Attention toutefois, les émissions de CO2 de référence ont encore baissé en 2026, ce qui fait légèrement augmenter l’ATN des véhicules émetteurs. 

Bien préparé pour parler occasion et fiscalité ?

L’expert-comptable est aujourd’hui bien plus que le gardien de la conformité : vos clients attendent un conseil proactif, a fortiori quand la fiscalité automobile se déplace année après année. Les mythes ci-dessus sont précisément les questions avec lesquelles les entrepreneurs (armés ou non d’un résumé généré par IA) arrivent au rendez-vous. Celui qui sait expliquer clairement la différence entre date de contrat et âge du véhicule, entre verrouillage du taux et calendrier de dégressivité, gagne la conversation. 

Et pour qui veut proposer une alternative concrète sans devoir comparer lui-même les offres : le leasing opérationnel de voitures d’occasion, avec des formules comme celles de My Way Lease, offre aux clients un coût tout compris prévisible et le meilleur régime fiscal disponible en 2026. Un conseil clair, trois soucis en moins. 

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