Un signal de marché mérite l’attention. D’après le baromètre OpinionWay, 74% des entreprises se disent intéressées par de nouveaux services liés à l’e-facturation que leur cabinet pourrait proposer. La donnée déplace le débat. La question n’est plus de savoir si la réforme dérange, mais ce qu’elle ouvre comme demande latente.
Pilotage et tableaux de bord
Derrière ce pourcentage se cache une attente précise. Le même baromètre montre que 61% des entreprises souhaitent un accompagnement sur la réforme elle-même. D’autres enquêtes sectorielles complètent le tableau. 71% des entreprises attendraient de nouvelles propositions de leur expert-comptable, dont la mise en place de tableaux de bord. 45% parlent d’analyse de données et la prise en charge de la facturation pour 41%. L’attente ne se limite donc pas à la conformité technique. Elle touche au pilotage et à la lecture des chiffres.
Pourquoi la demande reste partiellement inexploitée
Un écart de perception persiste. Selon une étude de Sage, 95% des experts-comptables reconnaissent l’avantage de traçabilité de l’e-facturation, mais seulement 67% des entreprises le perçoivent. Même décalage sur la sécurisation des données, valorisée par 82% des professionnels contre 48% des entreprises. Ce différentiel n’est pas un détail. Il révèle un espace où l’information manque côté client, alors que la valeur existe côté cabinet. La donnée structurée circule, mais son intérêt n’est pas encore pleinement compris par ceux qui la produisent.
Un calendrier qui prolonge l’opportunité
L’échéance de 2026 n’était pas un point final. Le gouvernement fédéral prévoit un e-reporting en temps quasi réel vers l’administration fiscale à l’horizon 2028, sur un modèle Peppol à cinq coins. Une troisième étape, en juillet 2030, étendra le reporting numérique aux transactions intracommunautaires, en cohérence avec la directive européenne ViDA. Cette progression par paliers installe la donnée structurée dans la durée. Chaque échéance renforce mécaniquement la matière disponible. Avec elle, le terrain des services analytiques.
Une lecture qui dépasse les frontières belges
Le phénomène n’a rien d’isolé. En France, où la réforme s’échelonne à partir de septembre 2026, on décrit la facture électronique non comme une contrainte administrative, mais comme un levier de compétitivité et de sécurisation. Les enquêtes françaises convergent vers le même constat belge : une demande client réelle pour des missions d’accompagnement, d’audit des flux et de formation. La dynamique semble donc structurelle plutôt que conjoncturelle. Reste à chacun d’en tirer ses propres conclusions.
Ce que disent les chiffres, sans détour
Trois données résument l’enjeu. Une demande exprimée par 74% des entreprises pour de nouveaux services. Une attente de pilotage et d’analyse confirmée par 71% d’entre elles. Un écart de perception sur la valeur, où près d’un tiers des clients ignorent encore les bénéfices que les professionnels jugent évidents. Ces chiffres ne dictent aucune marche à suivre. Ils dessinent un état du marché à un instant précis. Libre à chaque cabinet d’y voir une simple obligation réglementaire ou le point de départ d’une nouvelle offre.

