Pour les dirigeants de sociétés, le choix de la rémunération ne se limite pas au salaire ou aux dividendes. Lors d’un webinaire de ComptaPerspectives du 29 septembre 2026, John Warnock, Head of Business Development chez Proboss, et Olivier Colin, Senior Consultant chez Proboss, ont présenté les plans d’options sur actions comme une possibilité complémentaire.
Une rémunération complémentaire
« Un plan d’options sur actions est une forme de rémunération qui vient compléter le salaire », explique Olivier Colin. Selon Proboss, cette formule permet au dirigeant d’obtenir un bonus sous la forme d’options sur actions, avec un ratio fiscal net moyen présenté à 75 %.
À titre de comparaison, Proboss situe le ratio net moyen d’un salaire à maximum 40 %, tandis que celui d’un dividende ou d’une réserve de liquidation se situe, selon les hypothèses retenues, entre 52,5 et 65,6 %.
Autre particularité mise en avant par Olivier Colin : la période nécessaire. « Le dispositif peut être réalisé après seulement un an », explique-t-il. Le dirigeant ne doit par ailleurs pas effectuer de transaction financière pour acquérir les options dans le cadre de la technique présentée par Proboss. Le lancement d’un plan a un impact limité sur la trésorerie.
Certaines conditions doivent néanmoins être remplies : être actionnaire ou administrateur d’une société, disposer d’une année comptable clôturée, avoir une rémunération stable et générer un bénéfice.
Partir du salaire existant
Le processus commence par l’analyse de la rémunération existante. « Nous demandons les données salariales au comptable avant de réaliser une simulation destinée à la fois au comptable et au dirigeant », explique John Warnock.
Les options étant attribuées gratuitement au dirigeant dans la phase initiale, celui-ci est imposé sur un avantage de toute nature. Comme la loi le prévoit, l’ATN ne représente qu’une fraction de la valeur des options, et ne porte donc pas sur l’intégralité du montant du bonus. Dans l’exemple présenté, la base imposable s’élève à 11.200 euros sur une rémunération de référence de 40.000 euros. Un dirigeant peut prétendre à un bonus potentiel de 37.074 euros après un an. Tous frais et impôts déduits, le ratio fiscal présenté atteint 75,40 % entre le montant net en poche du dirigeant et le coût brut pour la société.
« Nous communiquons au comptable le montant exact de l’avantage de toute nature. Celui-ci le transmet ensuite au secrétariat social afin qu’il soit repris sur la fiche de rémunération », précise John Warnock.
« Les comptables avec lesquels nous travaillons suggèrent une chronologie optimisée de rémunération à leur clients. Elle combine plusieurs mécanismes : le salaire, les solutions PLCI ou EIP, la mise en place d’un plan d’options sur actions Proboss et, enfin, les dividendes, notamment via VVPRbis ou une réserve de liquidation. Les dividendes arrivent en fin de parcours, après la mise en place de la solution Proboss. »
Une politique de rémunération structurée
Pour Olivier Colin, les options sur actions doivent être considérées comme un bonus venant en complément du salaire habituel. Elles s’inscrivent donc dans une politique de rémunération structurée.
« La jurisprudence confirme qu’un bonus doit constituer la contrepartie de prestations réalisées par le dirigeant pour la société », souligne-t-il. Ces prestations doivent pouvoir être démontrées et documentées afin de justifier la déductibilité fiscale.
Une politique de rémunération doit dès lors être établie et être confirmée dans les procès-verbaux de l’assemblée générale.
Autre point d’attention : le salaire ne peut pas être réduit simplement pour permettre l’octroi d’un bonus. Si une diminution intervient pour d’autres raisons, celles-ci doivent être clairement motivées par écrit. Un bonus Proboss ne peut pas remplacer une rémunération existante. Un salaire de base d’environ 18.000 euros par an doit également exister avant de pouvoir bénéficier d’un bonus sous forme d’options.
Un outil de suivi pour les comptables
Proboss a également présenté Proboss Connect, un portail destiné aux comptables. Celui-ci permet de suivre les différents dossiers clients, les plans d’options en cours et les actions encore à réaliser.
« Le comptable peut avoir une vue d’ensemble de tous les plans d’options de ses clients », explique John Warnock. Des outils de simulation doivent également permettre d’utiliser ces informations pour engager plus facilement des discussions proactives avec les dirigeants.
Les évolutions fiscales à surveiller
Le cadre fiscal évolue également. La hausse du précompte mobilier sur les dividendes VVPRbis et les réserves de liquidation constitue une évolution importante. Depuis le 1er juillet 2026, le taux est passé de 15 à 18 %, selon les éléments présentés lors du webinar. Ceci augmente l’attractivité de la solution Proboss face à ses alternatives plus « classiques ».
John Warnock rappelle également que la taxe sur les plus-values votée en avril 2026 peut avoir un impact (limité) sur la vente des options. Une plus-value peut notamment être taxée sur la différence entre le prix de vente et la valeur des options au premier jour où leur vente est possible. En cas de vente immédiate après la période d’un an, le prix d’acquisition correspondrait toutefois au prix de vente dans l’exemple présenté.
Enfin, Proboss souligne l’évolution de la limite de certains avantages forfaitaires ainsi que l’augmentation de la rémunération minimale des dirigeants, passée de 45.000 à 51.000 euros. Un dirigeant peut parfaitement décider d’augmenter sa rémunération avec l’ATN d’un plan d’options sur actions (6.000 € d’ATN Proboss) pour pousser l’optimisation à son paroxysme.
Pour John Warnock et Olivier Colin, ces évolutions renforcent l’intérêt d’examiner la rémunération du dirigeant dans son ensemble plutôt que de considérer séparément salaire, bonus, options et dividendes.

