Les experts-comptables estiment que des processus plus efficaces pourraient leur faire gagner en moyenne plus d’une heure par jour de travail.
Une nouvelle étude menée par Silverfin auprès de 100 experts-comptables belges révèle que la demande croissante de conseil stratégique met la capacité du secteur sous pression. Sept experts-comptables sur dix (72 %) reçoivent souvent, voire systématiquement, plus de demandes de conseil stratégique qu’ils ne peuvent en traiter. Les 28 % restants y sont parfois confrontés. Aucun des experts-comptables interrogés ne déclare que cette situation se produit rarement ou jamais.
Le conseil est pourtant loin d’être une activité d’avenir : il occupe déjà une place importante au sein des cabinets. Chez 84 % des répondants, au moins 21 % du chiffre d’affaires du cabinet provient du conseil ou du consulting. En moyenne, cette part atteint 25,1 %. Ces chiffres illustrent l’évolution du métier d’expert-comptable, qui passe de spécialiste des chiffres à conseiller stratégique, mais montrent aussi à quel point les cabinets peinent à dégager suffisamment de temps pour assumer pleinement ce nouveau rôle.
« Les attentes des entrepreneurs évoluent plus rapidement que la capacité actuelle des cabinets d’expertise comptable à y répondre. Les clients attendent de plus en plus de leur expert-comptable qu’il anticipe, réfléchisse avec eux et les aide à prendre la bonne direction, alors que les experts-comptables consacrent encore trop de temps à des tâches qui ont peu à voir avec le conseil. Si sept experts-comptables sur dix ne parviennent pas à répondre à la demande de conseil, nous ne sommes pas face à un problème de demande, mais bien à un problème de capacité. Le défi consiste à faire évoluer le fonctionnement des cabinets au même rythme que les attentes des entrepreneurs vis-à-vis de leur expert-comptable », explique An Maes, CEO de Silverfin.
Plus d’une heure par jour pourrait être libérée
Dans le même temps, les experts-comptables estiment eux-mêmes qu’il existe encore une marge importante pour libérer du temps. Si les tâches les plus chronophages au sein de leur cabinet étaient mieux rationalisées, ils estiment pouvoir récupérer en moyenne 1 heure et 16 minutes par jour de travail. 54 % pensent pouvoir libérer entre une et deux heures par jour.
Parmi les principales tâches chronophages figurent le suivi de l’évolution de la réglementation (47 %), la communication avec les clients (42 %) et le rapprochement des données financières (29 %). Par ailleurs, 41 % utilisent encore aujourd’hui Excel en combinaison avec des rapprochements manuels, notamment pour les dossiers de travail, les comptes annuels, l’impôt des sociétés ou le reporting de gestion.
Maes : « Pendant des années, le débat sur l’avenir de l’expertise comptable s’est souvent concentré sur la question de savoir si la profession devait se réinventer radicalement pour rester pertinente. Selon moi, ces chiffres racontent une autre histoire : les entrepreneurs ont justement davantage besoin de l’expertise de leur expert-comptable, mais ils s’attendent à ce que celle-ci soit mise à profit différemment. Le véritable changement ne consiste donc pas à remplacer l’expert-comptable, mais à lui donner davantage de marge pour répondre aux besoins actuels de ses clients. Si la technologie peut prendre en charge les tâches répétitives et permettre aux experts-comptables de consacrer davantage de temps à l’analyse, au conseil et au contact avec les clients, nous rendons la profession à la fois plus précieuse pour les entrepreneurs et plus attractive pour celles et ceux qui l’exercent. »
La pression sur les capacités est plus forte en Belgique que dans les pays voisins
L’écart entre la demande et la capacité est par ailleurs particulièrement marqué en Belgique. À l’échelle européenne, 53 % des experts-comptables reçoivent en moyenne souvent ou toujours plus de demandes de conseil qu’ils ne peuvent en traiter, contre 72 % en Belgique. Seul le Luxembourg affiche un pourcentage plus élevé. Aux Pays-Bas, par exemple, cette proportion s’élève à 38 %.
Cette évolution fait écho au Baromètre ITAA publié début 2026. Celui-ci révèle que 93 % des experts-comptables belges estiment que la profession exige aujourd’hui des compétences différentes de celles requises auparavant, avec notamment une importance accrue accordée à l’analyse des données, à la communication et au conseil. L’ITAA constate également que les experts-comptables évoluent de plus en plus vers un rôle de partenaire stratégique dans une économie axée sur les données.
Le changement figure également parmi les priorités des cabinets : 49 % citent la transformation numérique parmi leurs principaux objectifs stratégiques pour 2026/27, tandis que 35 % considèrent les technologies ou logiciels obsolètes comme l’un des principaux obstacles à la réalisation des objectifs stratégiques de leur cabinet.
L’étude complète est disponible via ce lien.

