Pas moins de 83 % des cabinets comptables belges utilisent déjà des applications d’intelligence artificielle. Ils sont 71 % à considérer l’IA comme une opportunité de gagner en efficacité et 55 % à faire de l’investissement dans cette technologie une priorité. Pourtant, plus de la moitié des cabinets (56 %) reconnaissent ne pas bien savoir comment exploiter pleinement le potentiel de l’IA dans le cadre de leurs activités. C’est ce qui ressort du Baromètre des PME réalisé par l’éditeur de logiciels Exact auprès de plus de 1 300 dirigeants de PME belges, en collaboration avec l’institut d’études indépendant Markteffect.
L’utilisation stratégique de l’IA reste à la traîne
Les technologies d’intelligence artificielle se sont clairement fait une place dans le secteur de la comptabilité. Cette large adoption ne se traduit toutefois pas encore automatiquement par une intégration structurelle de l’IA dans le fonctionnement des cabinets. Aujourd’hui, elle est principalement utilisée pour des tâches de support, comme la création de textes, de comptes rendus de réunions et d’images (52 %). Environ un cabinet sur trois (34 %) y a recours dans les domaines de la conformité et du contrôle, qui constituent traditionnellement le cœur du métier de comptable. Le domaine dans lequel l’IA pourrait apporter la plus grande valeur ajoutée demeure donc encore sous-exploité.
Cela ne signifie pas pour autant que les cabinets manquent d’ambition sur le plan numérique. L’automatisation constitue aujourd’hui une priorité pour sept cabinets sur dix (69 %) et une proportion identique dispose d’un budget pour investir dans ce domaine.
La facturation électronique ouvre la voie à davantage de conseil
Depuis l’instauration de la facturation électronique obligatoire via Peppol, les comptables disposent de données financières plus structurées et plus actuelles. Les cabinets délaissent dès lors progressivement le traitement administratif au profit de l’analyse et du conseil. Cette évolution répond également aux attentes de leurs clients. Plus d’un cabinet sur trois considère ainsi qu’un accès plus rapide à des données actualisées représente une importante valeur ajoutée pour les clients. Une proportion identique estime que le conseil et l’accompagnement occuperont une place toujours plus importante.
Les défis s’accumulent
Les cabinets comptables sont soumis à une pression croissante pour accomplir davantage de travail avec des effectifs identiques, voire réduits. Leurs principaux défis opérationnels consistent à suivre l’évolution de la législation et de la réglementation (34 %), à répondre aux attentes croissantes des clients en matière de conseil proactif (34 %) et à réduire le nombre de tâches administratives manuelles (33 %).
En combinant facturation électronique, automatisation et intelligence artificielle, les comptables peuvent détecter plus rapidement les anomalies, mieux évaluer les risques et accompagner leurs clients de manière plus proactive. La facturation électronique ne constitue donc pas seulement une obligation légale : elle représente également un levier essentiel pour poursuivre l’automatisation du secteur.
Wilco Kraaij, expert en logiciels de comptabilité chez Exact, explique : « Si l’IA est uniquement utilisée pour des tâches de support, sa véritable valeur ajoutée demeure inexploitée. Or, cette valeur dépend entièrement de la qualité des données.
La facturation électronique génère un flux de données structuré et en temps réel : c’est précisément le socle dont l’IA a besoin. À l’heure où les cabinets doivent en faire toujours plus avec des effectifs toujours plus réduits, chaque minute gagnée compte. Ils doivent suivre des réglementations de plus en plus strictes, assumer le rôle de conseiller attendu par leurs clients et, parallèlement, réduire les tâches manuelles. C’est justement dans les domaines de la conformité et du contrôle que réside la possibilité de créer davantage de valeur en moins de temps. Cela nécessite également de repenser en profondeur la manière dont les cabinets organisent leurs services et leur modèle économique.
Alors que l’on s’intéressait auparavant au retour sur investissement, l’IA nous amène désormais à parler de “retour sur IA” : la question n’est plus de savoir ce que coûte une heure de travail, mais ce que l’utilisation de l’IA permet d’obtenir en termes d’analyses plus précises, de meilleures décisions et de relations clients plus solides. »

