En mars 2026, Anthropic a publié une nouvelle méthode pour évaluer l’exposition des métiers aux modèles de langage. Son intérêt tient à un changement majeur : elle ne se limite pas à ce que l’IA pourrait faire en théorie. Elle observe aussi les usages professionnels réels de Claude.
Anthropic propose une nouvelle lecture. Son étude publiée en mars 2026 évalue l’exposition observée des professions : elle relie ce que les modèles de langage peuvent faire avec ce qu’ils réalisent effectivement dans des usages professionnels.
Cette distinction intéresse directement les comptables, experts-comptables et étudiants. Elle permet de regarder la transformation du métier à partir des tâches réellement touchées, plutôt que d’annoncer la fin d’une profession entière.

Une statistique ancrée dans l’usage réel
L’indice d’Anthropic combine plusieurs éléments. Il s’appuie sur les tâches décrites pour près de 800 professions américaines dans la base O*NET. Il les rapproche des capacités théoriques des modèles de langage et des données d’usage de Claude recueillies via l’Anthropic Economic Index.
Une profession devient plus exposée lorsque ses tâches sont faisables par l’IA, observées dans des utilisations de Claude liées au travail et significatives dans le temps de travail global. Le modèle accorde aussi un poids supérieur aux usages automatisés et aux déploiements via API. Une tâche exécutée en automatisation complète compte davantage qu’une tâche où l’IA assiste un professionnel.
Le résultat ne mesure donc ni la performance d’un logiciel comptable ni un risque certain pour un poste. Il mesure le point de rencontre entre une capacité technique et une adoption effective.
Ne pas confondre métiers et tâches
C’est la nuance essentielle pour le secteur comptable. Les chiffres de 67,1% pour les opérateurs de saisie de données et de 57,2% pour les analystes financiers et d’investissement cités dans certaines reprises médiatiques ne désignent pas « l’exposition des comptables ». Ils concernent des professions américaines spécifiques.
Ces chiffres ne peuvent pas être transposés tels quels à une fiduciaire belge. Ils signalent toutefois que les activités documentaires, structurées et répétitives constituent des terrains d’usage déjà bien adaptés aux modèles de langage. L’extraction d’informations, la préparation de données ou le premier traitement de documents entrent logiquement dans cette catégorie.
L’écart entre potentiel et usage réel
Anthropic observe encore un écart important entre les capacités possibles de l’IA et ses usages professionnels réels. Cet écart explique pourquoi l’étude ne conclut pas à une vague générale de suppressions d’emplois. Elle ne relève d’ailleurs aucune hausse systématique du chômage dans les professions fortement exposées depuis fin 2022.
L’étude identifie en revanche un ralentissement estimé à 14% de l’entrée dans un nouvel emploi chez les 22 à 25 ans, dans les métiers les plus exposés. Anthropic présente cette donnée comme un signal précoce et non comme une causalité démontrée.

